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 Les débuts de l'association(1995-1997)
 

L'aventure Techno+ a commencé par la rédaction d'un projet établissant un constat de la situation en milieu techno et les stratégies que comptaient développer l'association. Ce projet a été rédigé par 9 personnes en 1995.
 
Les objectifs définis sont dans un premier temps de favoriser l'épanouissement du mouvement culturel « techno » et dans une deuxième temps de promouvoir dans le cadre de la santé communautaire, des stratégies individuelles de réduction des risques.
 
A l'époque il existait déjà des associations de réductions des risques mais aucune spécialisée sur le milieu techno.
 
En septembre, deux mois après la création de l'association, Thierry Charlois , le président fondateur de Techno+, rencontre André Bénézech, membre de Médecins Du Monde et fondateur de la mission raves au sein de l'association Le Tipi à Marseille. Ces deux associations étaient à l'époque les deux seuls exemples d'associations évoluant au sein du milieu techno. Techno+ a donc bénéficié de sa nouveauté en attirant de nombreuses personnes intéressées par le développement de la santé communautaire.
 
C'est ainsi qu'après avoir entendu parler du projet fondateur de Techno+, un groupe de « ravers » du milieu Trance, adhérents du CIRC (Collectif d'Information et de Recherche Cannabique) est arrivé dans l'association constituant ainsi la 1ère équipe d'intervenants dont l'objectif était de faire connaître l'association auprès des organisateurs.
 
Plus tard, Thierry Charlois contacta Jean-Marc Priez alors responsable de la prévention sida à Aides pour que les membres de Techno+ fassent une formation sur le SIDA. Jean-Marc Priez était très intéressé, « une association était entrain de se créer en France qui représentait ce que je désirais mettre en place »1, à savoir travailler au sein du milieu techno dans le domaine de la santé communautaire. Après avoir animé deux week-ends de formation avec Techno+ il décida de tenter cette aventure. L'association Techno+ qui au début n'avait pas de local fut hébergée dans les locaux de Aides, et soutenue par cette association.
 
Aides est une grosse structure associative bien implantée qui s'occupe de la lutte contre le sida à l'échelle nationale. Son soutien a été très important pour le développement de Techno+.
 
L'objectif était de permettre que, dans le mouvement techno, « cette histoire d'usage de drogue soit gérée d'une autre façon que la méthode répressive utilisée avant pour les autres drogues »2. Il s'agissait de mettre l'accent sur la responsabilité individuelle, c'est à dire, améliorer la prise en compte de la volonté des personnes et de rendre ces personnes responsables de leurs actes. Si les personnes veulent consommer de la drogue, c'est leur responsabilité mais elles doivent être au courant de tout ce que suppose une telle pratique: les effets des produits, les risques liés à l'usage de ces produits, la manière de consommer à moindre risque ces produits.
Cet objectif principal, s'accompagnait de la volonté de faire évoluer le regard de la société sur les usagers de drogues et de faire évoluer la politique des drogues en France.
 
En effet la société critique et interdit la consommation de drogues mais dans la réalité beaucoup de personnes bien insérées socialement avec une vie « normale » sont des consommateurs occasionnels de drogues. Leur pratique est quasiment indétectable. Si ils ne sont pas pris en flagrant délit, leur mode de vie est au moins en apparence tout ce qu'il y a de plus banal.
 
Rapidement, l'association fut contactée par de nombreuses personnes motivées par ce projet. Elles désiraient intégrer l'association parisienne ou créer une association équivalente dans d'autres régions françaises.
Dès 1996 l'association parisienne est contactée par un groupe de Lille qui souhaitait monter une association similaire Techno + Lille. devenu par la suite Spiritek.
 
Les choses ont commençait à bien marcher du côté des interventions menées dans les teufs et il a fallu se poser la question du financement de Techno+ durant ces deux premières années car se déplacer dans les raves, monter un chill out (espace de repos en rave), distribuer des flyers et des outils de réduction des risques, tout cela a un coût. A cette époque, Techno+ vendait sur son stand de la nourriture, du café, des boissons. Grâce à cela et à la récupération de matériel, l'association arrivait à vivre. Mais s'autofinancer dans ces conditions obligeait les bénévoles à se transformer en vendeurs (perte de temps et de motivation), condamnait l'association à vivre dans l'insécurité, (pourront-ils subvenir aux besoins de l'association dans une semaine, un mois...) et empêchait ou du moins compliquait toutes tentatives de développement.
 
Les deux premières années de Techno+ furent marquées par la recherche de partenaires, par la volonté de faire connaître Techno+ dans le domaine de la réduction des risques, dans les services de la santé publique... Thierry Charlois prenait contact avec Drogues Info Service, avec la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie)... A force de travail et de temps Techno+ est devenu connue et reconnue. C'est grâce à cette démarche que le ministère de la Santé a entendu parler de Techno+ et que l'association a pu réellement se développer.
 
 
Techno+ reconnue publiquement (1998-2001)
 
Fin 97, début 98 Techno+ a reçu pour la première fois une subvention du ministère de la santé par l'intermédiaire de la DGS (Direction Générale de la Santé). Le fait de recevoir une subvention a bouleversé l'évolution de Techno+.
 
L'association avait les moyens alors d'engager un salarié. Thierry Charlois devint le premier salarié de Techno+ sous le titre de responsable associatif, la charge de président fut alors attribuée à Jean-Marc Priez
Parmisles nouveaux projets au sein de Techno+, il y avait le projet Basics. En Europe, des associations ayant la même vocation que Techno+ existaient et nous allions tenté de les mettre  en contact et d'échanger des informations sur leur savoir-faire, leurs observations... Ce réseau  fut subventionné par la Commission européenne en 2000. L'objectif était de développer une banque d'information relative aux stratégies de réduction des risques en milieu techno.
 
Entre 1997 et 2000, et grâce à l'argent public qu'elle recevait, Techno+ a favorisé l'émergence d'antennes de l'association en province. Ce sont ainsi créées Techno+ Pays d'Oc à Montpellier, Techno+ Sud Ouest à Toulouse, Techno+ Grand Ouest à Nantes. En fait Techno+ proposait aux personnes qui voulaient monter une association similaire dans une autre ville, de monter cette nouvelle association sous le nom de Techno+, à condition de signer une convention imposant le respect du nom et de l'éthique de Techno+.
 
En 2000 Techno+ ouvrit un local à Paris. La volonté de développer un aspect culturel dans Techno+ et celle de rendre l'association plus accessible rendait nécessaire le recrutement de nouveaux salariés. En effet, les bénévoles ne pouvaient pas accorder tout leur temps à l'association. Techno+ n'était pas pour eux un travail mais une activité extrascolaire ou extra-professionnelle qui leur permettait d'allier à travers leur engagement, l'utile (faire de la réduction des risques en milieu techno) à l'agréable (rencontrer des gens qui appartiennent au milieu techno, aller en free...).
 

Pour investir le local et le rendre vivant, Techno+ se dota alors de nouveaux salariés. L'association passa de un à six employés. Thierry Charlois conservait le poste de responsable associatif, mais il y avait désormais:
un responsable des interventions (qui s'occupait d'organiser le planning des interventions, qui entretenait le camion, qui préparait le matériel d'intervention et entretenait ses stocks...).
un responsable de l'accueil du local (qui s'occupait d'ouvrir le local pour que celui-ci soit ouvert au public durant la semaine et qui s'occupait de toute la maintenance du local).
un responsable de la réduction des risques au niveau du contenu (qui mettait à jour les informations de réduction des risques et formait les volontaires).
un responsable du développement culturel de l'association et du développement artistique du chill-out (il organisait des événements culturels comme des expositions au local et des prestations dans le chill lors des interventions, il s'occupait de plus de la décoration du chill).
 
un animateur de l'atelier mix qui donnait des cours de mix au local.
De plus, l'association finançait un salarié dans chacune des trois antennes de Techno+. Ils étaient chargés de développer ces associations et leurs actions dans leur région.
La transformation de Techno+ était importante, l’association était passée d'une petite structure à une grosse structure.
 
 
Les années problèmes ou le retour à plus de simplicité (2002-2005)
 
L'année 2002 fut marquée par les élections présidentielles et le gel républicain qui en découla. Par gel républicain il faut entendre, le retard dans le paiement des subventions allouées à certaines associations, dû au prochain changement de gouvernement. En effet il convient de limiter les dépenses du gouvernement au pouvoir afin de permettre au prochain gouvernement de bénéficier des moyens nécessaires à la mise en place de sa politique future. Techno+ comme de nombreuses associations eut de graves difficultés financières en 2002, à cause de ces retards de paiement.
 
Le retard de ces subventions ajouté au refus de subvention de la part de la région Ile-de-France, plongea Techno+ dans une profonde crise financière.
 
Jean-Marc Priez toujours président de l'association eut pour rôle de sauver financièrement l'association pour l'année 2002, alors que le fonctionnement de l'association au quotidien était assumé par Fabrice Perez vice-président et futur président de l'association. Techno+, n'était plus capable d'entretenir ces neufs salariés, elle n'était plus capable de financer le local de la rue Timbaud.
 
Heureusement, des volontaires avaient envie de se battre pour sauver Techno+. Ils étaient près à s'investir d'avantage pour que l'aventure ne se termine pas.
Cette période de crise, a permis à Techno+ de se remettre en question et de redéfinir ses priorités.
 
La présidence de Fabrice Perez, marqua une étape importante dans la vie de Techno+. Il repris une association en pleine déroute, sans local, avec beaucoup moins d'adhérents, mais une association qui avait envie de se battre pour continuer sa mission.
 
Au même moment en plus des problèmes financiers, un procès fut intenté à Techno+, portant sur la diffusion de deux flyers. C'est Jean-Marc Priez, président de l'association au moment de la parution de ces deux flyers, qui fut accusé en tant que représentant juridique de l'association pour les faits jugés. Les adhérents se sont donc tous sentis concernés par cette accusation, et ont participé à la défense de l'association lors des interventionsnotamment, où les volontaires faisaient signer une pétition en faveur de Techno+. A cette époque lors des interventions, les bénévoles parlaient beaucoup du procès.
 
Le combat judiciaire a été long, il a duré deux ans, mais heureusement, l'association était soutenue par des milliers de personnes. Lors des interventions, les teuffeurs venaient se renseigner auprès des volontaires sur l'évolution de l'affaire. Ce procès a permis à Techno+ de réaffirmer la légitimité de son action. Il a permis à Techno+ d'être reconnu une deuxième fois (après avoir été financée par le ministère de la santé) comme une association utile à sa communauté.
 
 
Pourvu que ça dure (2006-???)

Clémence Eveno est depuis 2006, présidente de Techno+. Le retour à une situation financière stable permet cette année à Techno+ de réengager des salariés de reprendre un local et de développer de nouveaux projets...
 

Dernière mise à jour : ( 24-08-2008 ) 


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