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Et pourtant il ne se dopent pas...

Les candidats à l'élection présidentielle déclarent ne pas se doper pendant leur campagne. Et si c'était le poisson d'avril du Parisien...
Pubdate: 01/04/2007
Source: Le Parisien
Website: http://www.leparisien.fr

 

Et pourtant, ils ne se dopent pas...

A longueur de journées de campagne, ils courent de meeting en réunion, enchaînent les discours, sautent de la voiture à l'avion. Comment font-ils pour tenir le choc ? Sarkozy, Royal, Bayrou et Le Pen ont chacun leur recette.

 

VERITABLES forçats de la campagne, les candidats à la présidentielle ressemblent plus aujourd'hui à des athlètes qu'à des « polars » de l'ENA ou de Normale sup. Sages, trop sages ?

Les médicaments, ce n'est pas son truc.
D'accord, ça ne se fait pas.Mais la tentation était trop forte. Et la question lancinante : comment fait-elle pour tenir à ce rythme-là, douze, quatorze et jusqu'à seize heures d'affilée - comme lors de son voyage fin janvier aux Antilles -, trois discours par jour, plus trajets, plus interviews, plus rencontres avec la population, plus briefings avec la presse ? Dopants, calmants, potion magique ? Il y a quelques jours, au hasard d'une halte, la voiture de Ségolène Royal est restée quelques instants abandonnée, portes ouvertes. Deux journalistes s'y sont glissés pour inspecter prestement les vide-poches. Résultat : des barres chocolatées énergétiques et des gâteaux Figolu. Pas même un cachet d'aspirine ! Dans son entourage, on en rigole : « Non, elle ne sniffe pas tous les matins au 282 ! (NDLR : son siège de campagne) , boulevard Saint-Germain ». Et plus sérieusement, on ajoute : « Elle a une très bonne constitution physique et une excellente santé mentale qui lui permet de résister à tout. D'ailleurs, elle se méfie des médicaments, ce n'est pas son truc ».

Sarkozy se force à boire.

A les entendre, tous les candidats à la présidentielle 2007 font dix fois le tour de France (DOM compris), sans user de la moindre substance illicite. Le pire, c'est que c'est vrai. Au prix, quand même, d'une stricte discipline de vie. Royal, qui ne déteste pas boire un petit verre de vin rouge durant le déjeuner, fait presque figure de déviante dans ce petit monde des candidats où cigarette et alcool sont prohibés. De passage à Sancerre le 26 février, son adversaire Nicolas Sarkozy, qui ne boit jamais d'alcool et fait trois heures de footing par semaine, s'est fait presque violence pour déglutir un verre d'excellent vin blanc... Son seul péché mignon : le chocolat noir qu'il boulotte en permanence. Pour le reste, l'ex-ministre de l'Intérieur se lève tôt et déteste sortir le soir lorsqu'il n'y est pas obligé. Deux exceptions dans cette campagne hyper-clean : l'altermondialiste José Bové et le trotskiste Gérard Schivardi tirent toujours sur leur pipe et leurs blondes sans filtre. Marie-George Buffet, elle, s'est arrêté de fumer.

Le Pen fait son miel.

Avec ses athlètes de la politique, la campagne 2007 a un côté aseptisé. Même Olivier Besancenot, pourtant officiellement favorable à la libéralisation du cannabis, s'abstient de toute « fumette » en cette période. Le facteur de la LCR, 33 ans, a mis entre parenthèses ses matchs de football avec les copains et ne marche qu'à l'eau claire et régime alimentaire sec. « De toute façon, la campagne c'est du sport », affirme son attaché de presse. A l'autre bout de l'échiquier politique et de l'échelle des âges, Jean-Marie Le Pen, 78 ans, lui aussi se soigne. « Le Pen ne craint qu'un adversaire, le temps, racontent Marc Fauchoux et Christophe Forcari dans un livre qui vient de sortir*. En 2003, il fête ses 75 ans dans le parc de sa villa de Montretout. Le carton d'invitation précise : Le Pen tire son dernier coup de 75 . Depuis cette date, il se refuse à souffler ses bougies et prend un soin quasi maniaque de sa santé ». Séjours réguliers en Suisse à l'hôtel Mirador (ça ne s'invente pas...) où l'on propose à la clientèle fortunée des séances de « vitalisation » qui cacheraient des formules de réoxygénation du sang. Quoi qu'il en soit, le leader d'extrême droite s'astreint durant cette campagne à un rigoureux régime alimentaire couplé à un agenda léger. Insomniaque, il a du mal à démarrer le matin, malgré une séance de pompes. « Il a un régime de grand sportif et avant un meeting, sa recette c'est de savourer une petite cuiller de miel », assure son attaché de presse Alain Vizier. Vraiment pas de cocaïne ? « Pas encore », répond, pince-sans-rire, Vizier.

Bayrou aime son lit.

Comme la plupart des candidats, François Bayrou préfère, chaque fois que c'est possible, rentrer coucher dans son lit à Paris. Depuis longtemps, il n'y passe pourtant que cinq heures par nuit ce qui lui permet d'aller marcher tôt le matin (vers 6 heures) dans les rues de Paris avec son ami Philippe Lapousterle. Le candidat centriste a passé une visite médicale approfondie au moment de solliciter un prêt pour sa campagne. Bilan : excellent. « J'ai le corps d'un homme de trente ans », claironne-t-il. Pour conserver ce corps d'éphèbe, le Béarnais est devenu, de son propre aveu, fructivore : matin, midi et soir, il avale des kilos de fruits, avec un goût marqué pour les kiwis et les jus de pamplemousse. Plus des yaourts. Mais il dîne « normalement » le soir avec ses amis.

Leur EPO, c'est l'adrénaline.

Ce qui les fait tenir, en définitive, c'est l'espérance de victoire pour les « gros » candidats et celle de réaliser un bon score pour les plus petits. « On tient sur la tension, mais gare quand ça va s'arrêter », souffle une proche de Bayrou. L'adrénaline du pouvoir en somme. « C'est vous qui me portez, vous qui me donnez votre énergie », clame souvent Royal dans ses meetings. « Avec vous, tout devient possible », martèle Nicolas Sarkozy, qui a fait de ce leitmotiv son slogan. « La victoire, il y croit toujours », assure Alain Vizier à propos de Le Pen. Comme si, pour toutes ces « bêtes » de la politique, l'avenir dépendait plus des hormones que des neurones.

* « Le Pen, le dernier combat », Marc Fauchoux et Christophe Forcari, Ed. Jacob-Duvernet.

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