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Bolivie: Morales suspend les activités de l'agence anti-drogue américaine

Comment le président Bolivien a chassé les représentants américains de la lutte antidrogue...

Source : http://www.romandie.com/infos/news2/081101233722.630poob6.asp
Date : 02/11/2008

LA PAZ - Le président bolivien Evo Morales a annoncé samedi qu'il suspendait toutes les activités en Bolivie de l'agence anti-drogue américaine (DEA), l'accusant d'avoir oeuvré au soulèvement civil dans cinq des neuf départements du pays qui a fait 19 morts en septembre.
M. Morales a accusé la DEA d'avoir participé à une conspiration contre le gouvernement, de s'être livrée à l'espionnage et d'avoir financé des groupes boliviens d'opposition recourant à la violence.
"A partir d'aujourd'hui, toutes les activités de la DEA américaine sont suspendues pour une durée indéfinie", a déclaré le chef de l'Etat bolivien. Il n'a pas dit si cette suspension s'accompagnait d'un ordre d'expulsion.
"Nous avons le devoir de défendre la dignité et la souveraineté du peuple bolivien", a déclaré le président.
M. Morales, ancien planteur de coca élu en 2006, a fait cette annonce à Chimoré, localité productrice de coca dans le Chapare (centre), où il dressait le bilan du programme d'éradication de la coca et de la lutte contre le trafic de drogue.
"Le personnel de la DEA a soutenu le coup d'Etat qui a échoué en Bolivie", a affirmé le président, en référence au soulèvement survenu en septembre dans cinq départements gouvernés par la droite, Santa Cruz, Beni, Pando, Tarija et Chuquisaca, lors duquel 19 personnes avaient trouvé la mort. L'opposition de droite rejetait le projet de Constitution socialiste de M. Morales.
"Dans les derniers jours, dans les derniers mois, la DEA a eu une participation politique (...) dans une conspiration contre le gouvernement national", a affirmé M. Morales.
Selon lui, des fonctionnaires de la DEA ont participé activement aux journées de violence qui ont mis la Bolivie au bord de la guerre civile.
"Il y a eu des agents de la DEA qui se livraient à l'espionnage politique, finançant des groupes délinquants afin qu'ils attentent à la vie des responsables, pour ne pas dire du président", a lancé M. Morales, sans fournir de précisions.
De plus, toujours selon M. Morales, la DEA "a financé des citoyens en vue du sabotage d'aéroports dans l'est de la Bolivie, dans le Pando et le Beni, et l'occupation de pistes (d'atterrissage) pour empêcher l'arrivée de responsables nationaux".
Pendant la crise, des groupes de citoyens de droite ont empêché l'arrivée de M. Morales dans plusieurs villes de la région.
"C'est une situation regrettable et une décision regrettable", a réagi Garrison Courtney, porte-parole de la DEA, interrogé par l'AFP à Washington, rappelant qu'un dialogue sur le rôle futur de l'agence en Bolivie était mené ces trois derniers mois avec des responsables boliviens.
La Bolivie a été placée à la mi-septembre sur la liste noire américaine des pays qui ne combattent pas assez le trafic de drogue.
M. Morales avait déjà menacé la DEA samedi dernier. "Si la DEA ne mène pas d'action politique, nous la respectons, mais si la DEA se livre à une activité politique, il est préférable qu'elle s'en aille", avait-il déclaré.
Jeudi, le chargé d'affaires américain à La Paz, Kris Urs, avait nié que la DEA se livre à des activités politiques.
M. Morales a des relations conflictuelles avec les Etats-Unis, dont il a expulsé l'ambassadeur en septembre, l'accusant d'avoir soutenu l'opposition.
Le président américain George W. Bush a récemment proposé de suspendre des avantages douaniers accordés à la Bolivie en raison, selon Washington, d'un manque de coopération dans les actions contre le trafic de drogue.

Morales ordonne le départ de l'agence anti-drogue américaine en Bolivie

Source : AFP
Date : 04/11/2008 

Le président de la Bolivie, Evo Morales, a ordonné le départ de l'agence anti-drogue américaine (DEA), dont il avait suspendu samedi les activités dans le pays, a annoncé le ministre bolivien des Affaires étrangères David Choquehuanca.

"La note officielle dans laquelle le président indique que la DEA doit quitter le pays a déjà été remise", a déclaré le ministre dans un entretien publié mardi dans le quotidien La Razon.

Les fonctionnaires de la DEA disposent d'"un délai de trois mois" pour partir, conformément à l'accord passé entre la Bolivie et les Etats-Unis, a précisé M. Choquehuanca.

M. Morales avait annoncé samedi qu'il suspendait toutes les activités de la DEA, l'accusant d'avoir oeuvré au soulèvement civil dans cinq des neuf départements du pays qui avait fait 19 morts en septembre.

"Dans les derniers jours, dans les derniers mois, la DEA a eu une participation politique (...) dans une conspiration contre le gouvernement national", avait-il lancé.

Le chef de l'Etat n'avait pas précisé si cette suspension s'accompagnait d'un ordre d'expulsion de ses membres.

Toutefois, le ministre bolivien de l'Intérieur Alfredo Rada avait averti dimanche qu'il n'y avait "plus d'explication ni de justification à la présence des agents de la DEA en Bolivie, quand leurs activités sont suspendues".

Les accusations de conspiration contre le gouvernement, d'espionnage et de financement de groupes violents ont été démenties par Washington qui les a qualifiées d'"absurdes".

M. Morales a des relations conflictuelles avec les Etats-Unis, dont il a expulsé l'ambassadeur en septembre, l'accusant d'avoir soutenu l'opposition.

Le président américain George W. Bush a récemment proposé de suspendre des avantages douaniers accordés à la Bolivie, critiquant son manque de coopération dans les actions contre le trafic de drogue.

La Bolivie, troisième pays producteur de cocaïne derrière la Colombie et le Pérou, a été placée à la mi-septembre sur la liste noire américaine des pays qui ne combattent pas assez le trafic de drogue.

Evo Morales suspend les activités de l'Agence antidrogue américaine

Source : http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3232,50-1113983,0.html
Date : 4/11/2008

L'Agence antidrogue américaine, la DEA (Drug Enforcement Administration), n'est plus autorisée à opérer en Bolivie. "A partir d'aujourd'hui, toute activité de la DEA est suspendue pour une durée indéterminée", a annoncé le président Evo Morales, samedi 1er novembre, dans la région du Chapare. M. Morales a accusé la DEA "d'espionnage politique et de financer des groupes criminels pour qu'ils commettent des attentats contre les autorités, voire contre le président lui-même".

A Washington, le département d'Etat a déclaré que ces accusations étaient "fausses et absurdes". La DEA dispose de vingt-sept agents en Bolivie. Le 25 octobre, Julio Salazar, dirigeant des six fédérations du tropique de Cochabamba, qui regroupent les cocaleros, les cultivateurs de feuilles de coca de la région du Chapare, avait demandé "le retrait de la DEA, car elle ternit le prestige du gouvernement et ce n'est pas sa fonction".
L'Usaid, l'agence américaine pour la coopération internationale, avait déjà été expulsée du Chapare, fief d'Evo Morales, qui a conservé son titre de président des fédérations du tropique de Cochabamba après son élection à la présidence de la République, fin 2005.
La Bolivie est le troisième producteur de cocaïne dans le monde, après la Colombie et le Pérou. Les Européens expriment aussi leur inquiétude à ce sujet. Les chiffres officiels des saisies de cocaïne sont en hausse : déjà plus de 25 tonnes de janvier à octobre 2008, au lieu de 18 tonnes en 2007. Le rapport 2008 de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estimait que la Bolivie produit 104 tonnes de cocaïne.
Les plantations de coca sont passées de 25 400 hectares en 2005, avant la prise de fonctions d'Evo Morales, à 28 900 hectares en 2007, selon l'ONUDC. Le gouvernement a légalisé plus de 10 000 hectares de coca dans les régions de Los Yungas (département de La Paz) et du Chapare.
Les relations entre la Bolivie et les Etats-Unis sont au plus bas, depuis que l'ambassadeur américain à La Paz, Philip Goldberg, a été expulsé du pays, le 10 septembre, accusé d'aider l'opposition.

 



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