LÂ’information objective, sur les risques liés aux pratiques festives et les moyens de réduire ces risques, permet à chacun dÂ’adopter une attitude responsable dans ces choix de vie qu'il s'agisse de consommation de drogues légales ou pas, de risques auditifs, de sécurité routière, de jonglage enflammé, de piercing, de sexualité, d'usage-revente...
L'usage-revente de stupéfiants, c'est quoi ?
La catégorie "usager-revendeur" nÂ’existe pas dans le code pénal : la qualification de revendeur lÂ’emporte toujours sur celle dÂ’usager.
Il te suffit donc de refiler à un pote sa part sur le truc que tu as acheté pour vous deux pour faire de toi un revendeur aux yeux de la loi. Seuls les services de police parlent dÂ’usagers-revendeurs, pour désigner « des usagers qui se livrent à des activités de vente, souvent pour payer leur propre consommation ».
Il y a divers profils de personnes qui revendent et consomment un même produit, mais tous sont exposés à un certain nombre de risques communs. Ce flyer a pour but dÂ’informer sur ces différents risques.
Nous avons identifié un certain nombre de
causes qui peuvent pousser un usager à revendre :
- parce qu’il cherche à se faire un peu d’argent ;
- parce qu’il cherche à consommer à l'œil ;
- parce qu’il est le seul à avoir un plan qui tienne la route et que ses potes lui mettent la pression ;
- parce qu’il cherche à rencontrer des gens ;
- parce quÂ’il cherche à se donner de l'importance (être appelé, invité...) ;
- parce qu’il a des potes qui le font et que ça a l’air de bien se passer pour eux.
A l’inverse, d’autres causes peuvent pousser un revendeur à consommer :
- parce qu’il cherche à mettre ses clients en confiance ;
- parce quÂ’il cherche à juger de la qualité de ses produits ;
- parce qu’il a des produits à disposition en permanence ;
- parce qu’il a des potes qui le font et que ça a l’air de bien se passer pour eux.
Ce nÂ’est pas automatique mais si tu es consommateur, dealer pousse à consommer plus. Et de la même façon, une forte consommation pousse à dealer plus. En effet au fur et à mesure que tu deviens revendeur aux yeux de tes potes, tu as de plus en plus de sollicitations pour continuer à revendre et à consommer, de la part de tes clients comme de tes fournisseurs. Les achats à crédit renforcent encore cette logique dÂ’engrenage pour pouvoir les rembourser.
CÂ’est pour toutes ces raisons que
vendre des produits que tu consommes est très difficile à gérer : tu risques dÂ’entrer dans une sorte de cercle vicieux qui donne au produit et au business toujours plus de place dans ta vie et, parallèlement, les risques que tu prends augmentent.
Mieux vaut ne pas attendre d’être vraiment dos au mur (problèmes de justice ou de santé) pour t'en rendre compte...
Mais cÂ’est aussi...
LÂ’usage-revente implique différents
risques pour toi-même, mais également pour ton entourage. En voici quelques uns :
Risques sanitaires
Les usagers-revendeurs sont très exposés aux risques sanitaires liés à lÂ’usage de drogues. Pour te renseigner sur ces risques, Techno+ édite d'autres informations disponibles sur ce site.
Autre chose, une personne hospitalisée suite à une consommation de drogues est très souvent interrogée sur lÂ’identité de son fournisseur, tant par sa famille ou ses potes, que par la police.
Un client bien informé du contenu exact et de la force des produits quÂ’il achète, ainsi que des risques associés à leur consommation
sera plus à même dÂ’éviter les accidents.
En utilisant un produit de coupe quel qu'il soit, tu ajoutes des risques pour celui qui le consommera. Même le lait en poudre peut être mortel pour une personne allergique.
Risques judiciaires
Tu es sûrement déjà au courant, mais
détenir, consommer, revendre, offrir, produireÂ… des produits stupéfiants est interdit par la loi. Revendre un produit légal en le faisant passer pour stupéfiant est aussi interdit...
A force de passer entre les mailles du filet, tu peux vite te sentir en confiance mais, même si tu as lÂ’impression de tout contrôler, nÂ’oublie pas que le risque zéro nÂ’existe pas et quÂ’en France les peines encourues sont extrêmement lourdes (voir encadré). Vendre à des mineurs, à proximité dÂ’établissements scolaires ou à dÂ’autres revendeurs alourdit encore ces peines. La loi sur la récidive fixe une peine minimale de prison ferme dès la 2ème condamnation. Il est aussi prévu une obligation de soin pour les consommateurs de produits illicites et/ou des stages payants de sensibilisation aux dangers de cette consommation mais être soi-même consommateur (tout comme le fait dÂ’avoir un casier judiciaire vierge) nÂ’empêche pas de se voir prononcer une peine ferme.
Risques de vols et violences
Vols, cambriolages, braquages, rackets, carottes, règlements de comptes,
la liste des embrouilles auxquelles le deal t’expose est longue. En effet et c’est pas nouveau, là où il y a de l’argent, il y a de la convoitise.
De plus, les achats à crédit à tes fournisseur ou les ventes à crédit à tes clients peuvent te pousser à faire de grosses conneries en cas de difficultés à rembourser.
Risques sociaux
Dealer peut permettre de faire de nouvelles rencontres, dÂ’avoir lÂ’impression d'être généreux et populaire mais ça finit surtout par pourrir les relations. Il est aussi fréquent que les sollicitations de clients et/ou de fournisseurs se fassent pressantes et empiètent sur ton espace privé.
De plus,
distinguer vrais potes et profiteurs devient de plus en plus difficile et beaucoup d’usagers-revendeurs se retrouvent seuls lorsqu’ils arrêtent.
Il est aussi possible que tu te fasses interpeller sur ton lieu de travail, qu'un membre de ta famille tombe sur quelque chose de compromettant, que ton copain/ta copine se fasse séquestrer par un mec à qui tu devais du blé... Ça risque de faire des vagues dans ta vie, surtout si cÂ’est quelque chose que tu caches à ton entourageÂ…
Les condamnations pour trafic sont généralement inscrites sur le casier judiciaire, ce qui
empêche l’accès à certains emplois.
LÂ’article 222-39 du Code Pénal incrimine la cession ou lÂ’offre (=vente) en vue dÂ’une consommation personnelle (au plus 5 ans dÂ’emprisonnement et 75 000€ dÂ’amende, 10 ans si cession à un mineur ou dans des locaux dÂ’éducation ou de lÂ’administration ou aux abords de ces établissements).
L'incitation à la consommation est sanctionné des mêmes peines par la
code de la Santé Publique.
LÂ’article 222-37 du Code Pénal punit le transport, la détention, lÂ’offre, la cession, lÂ’acquisition d'au plus 10 ans de prison et 750 000€ d'amende. Est puni des mêmes peines le fait de faciliter lÂ’usage ou de se livrer à un trafic d'ordonnance.
De plus
la loi sur la récidive impose une peine minimum de prison ferme de 2 à 4 ans dès la 2ème condamnation pour un même délit.